Profitant d'une pause dans mon travail chorégraphique du moment, je vous présente (en attendant la 3e et dernière partie de mes divagations nippones) un intermède dansé sur le thème "pourquoi se mettre debout, quand on peut le faire assis".
Tout d'abord, Gene Kelly et Donald O'Connor dans un numero de sitting tap dance. Du grand art en chanson et une classe inégalable, avec cette note d'humeur nonchalant pour couvrir le tout. Love it!
Un homme en plus , et toujours cette teinte d'humour.
Le chorégraphe est français cette fois et s'appelle Philippe Découflé. Oui oui, pour ceux qui suivent les jeux olympiques, c'est lui qui a créé les cérémonies d'ouverture et de clôture des JO d'Albertville en 1992. Comme quoi, il peut aussi jouer la carte de la simplicité pour réaliser quelque chose de furieusement efficace.
On garde les chaises, on garde le pantalon noir et le haut clair, mais on passe aux femmes. Et pas n'importe lesquelles puisque la chorégraphe est, cette fois, une compatriote : Anna Teresa De Keersmaeker.
Personnalité majeure de la danse contemporaine en Belgique et dans le monde, elle propose ici Rosas danst Rosas (1983) (Rosas est d'ailleurs devenu, suite à cette pièce, le nom de sa compagnie). Inspirée du texte de Gertrude Stein "Rose is a rose...", la chorégraphie met en scène des schèmes de mouvements sans cesse répétés. Le film et la musique sont réalisés par Thierry De Mey.
Quelques années plus tard, en 1988, fut créé La Chambre par Joëlle Bouvier et Régis Obadia.
Figures de proue de la "Nouvelle Danse Française", ce duo inséparable a sans cesse cherché à se détacher de l'influence de la "danse moderne" et de celle, plus prégnante encore, de l'Opéra de Paris.
Je n'avais plus envie de bouger du tout et cependant, en même temps, j'ai eu envie de m'en aller ou de ne plus les retrouver jamais. Non pas parce qu'ils m'avaient laissée toute seule ou par ennui, mais j'aurais voulu avoir la preuve que j'étais capable de le faire, le souvenir que j'avais été capable de le faire. C'est parce que mon corps était tellement lourd de fatigue que ma pensée s'en est allée si librement, si légère.
J'ai pensé à la mer que je ne connaissais pas. Mes yeux étaient fermés, mais je ne dormais pas encore. J'aurais bien aimé à ce moment-là regarder une chose qui, comme ma fatigue, aurait été égale et sans fin. Je me suis endormie.
Vous vous souvenez de Taxidermia, le film de Gyorgy Palfi? Eh bien le travail de Geza Szollosi ( ' ¨ ~'¨ à placer où vous voulez dans les deux noms) vous replonge dans la même atmosphère de chair plus ou moins fraiche, de tripes et d'érotisme déviant.
Et pour cause, cet artiste trentenaire tout aussi hongrois a travaillé comme graphic designer pour le sus-dit film (notamment la création de l'affiche japonaise, tiens donc).
Szerénke style
Son "Flesh Project" (le plus impressionnant) reprend notamment une série de portraits, auto-portraits et autres vagins reconstitués... au moyen de viande de porc. Le corps, la femme, le sexe, la mort, la viande.
Et c'est clair que la viande, on se la prend en pleine face! Et celle-là n'est pas plastinée. Un peu comme si Mary Shelley s'était penchée sur les clônes manqués de Ripley, au moins.
La réaction est épidermique, forcément. Et je n'imagine pas ce que cela doit donner quand on le voit en vrai. Avec Szerénke Style, par exemple, on apprend qu'il veut évoquer en un objet une société donnant lieu tant à des reconstructions esthétiques des grandes lèvres qu'à des mutilations génitales. Le résultat est puissant et dérangeant, indéniablement.
A côté de cela, ses oeuvres animalières plus proche de la tradition taxidermiste paraissent bien sages.
Après le shibari, la monomanie du poney et les vidéos pour devenir Dallas Cheerleader en 10 leçons, il me fallait une nouvelle activité à expérimenter.
C'est donc un soir de grande désolation, après m'être rematé Ladyhawke de désespoir en mangeant de la Ben and Jerry's Chocolate Fudge Brownie, que m'est revenu cette idée. Parce dans la vraie vie, quand j'étais petite, je voulais un peu devenir fauconnier, enfin juste après neurochirurgienne pour méduse et avant ninja rose, mais y avait pas d'école pour ça dans mon quartier. Mais comme il n'est jamais trop tard, j'ai googlé l'affaire histoire de mettre en oeuvre cette nouvelle aventure. Puis en ces temps de canicule, apprivoiser un ventilateur portable qui protège tes cacahuètes quand tu bois un verre en terrasse, ça n'est pas du luxe.
J'ai donc déniché une école de fauconnerie dans le BéWé, histoire de me la péter un peu, tu vois ?
Pour mes nombreux lecteurs non familiers avec la Belgique, BW est l’acronyme de Brabant Wallon, une zone de la Belgique entre tradition et modernité : tradition des pensées et modernité du système de clôture qui entoure ta très très grande maison. Pour mes nombreux lecteurs brabançons : ne m'en veuillez pas, je suis née comme çaaa ahaaa. *tousse*.
La fauconnerie des Templiers
Et voilà donc ma petite gueule pleine d'impatience partie pour une journée d'initiation à la fauconnerie dans les dépendances de la Fondation Folon, accompagnée par mon amie Anne aka Lady Castor et Pollux .
Orkina partage son dîner avec le maître fauconnier
Et bien les gars, les rapaces, c'est pas n'importe quoi comme volatile, moi je vous le dit. Parce que quand tu te retrouves la gueule en face d'un hibou Grand Duc qui fait la moitié de ta taille (ouais, je suis une naine, mais quand même), et que tu te dis que ses grosses pattes vont arriver sur ton avant-bras taille douze ans, t'es quand même contente d'avoir sué toute ton âme pendant les cours de Body Pump de super Béa.
On a donc emporté notre besace remplie de bouts de poussins morts (oui, un rapace, c'est pas comme un hippie, ça n'aime pas les graines) et nous voilà partis, le regard altier et le gant de cuir au poing. Parce qu'ils sont pas cons les hibous, ils viennent pas à toi juste pour faire frotti frotta du museau. Y a des chats pour ça (sauf Simon's Cat qui doit avoir du sang de hibou dans ses gènes). Il leur faut de la bidoche fraîche. Puis faut qu'ils aient faim. En effet, avant chaque séance de vol, ils passent à la balance comme les danseuses du Lido, et s'ils sont trop dodus de la plume, tu peux être certain qu'ils ne voleront pas. Monsieur doit digérer.
Mais quand ils sont de bonne, alors c'est majestueux. On perçoit le frémissement des plumes juste avant l'envol, puis le regard qui se fixe, les ailes qui se déploient et cette approche puissante et toute en douceur jusqu'à votre poing. J'ai eu la chance de faire voler des buses de Harris, un Grand Duc, une Chouette Hulotte rousse (mon alter ego volant en quelque sorte), un Grand Duc africain, et une Chouette Harfang.
Un vrai coup de coeur à réitérer, à défaut d'en acheter un pour dans ma maison-grotte.
Il m'arrive parfois de me lancer dans des expériences principalement destinées à ne pas mourir idiote. C'est dans cette optique que, récemment, j'ai suivi un cours de dentelle aux fuseaux (oui oui, vous avez bien lu, le truc genre Manneken Pis mais pour Bruges). Et donc, alors que je me concentrais vigoureusement pour entrecroiser tous mes bouts de fils en une trame harmonieuse, la démonstration d'un cours de math traitant des compositions de fonction m'est revenue en tête. Comme ça, sans raison. (si ce n'est que dentelle et mathématiques ont quand même comme point commun un dénommé Sierpinski que je vous laisse découvrir ici-- si vous voulez la version d'XKCD c'est ici).
Tout cela pour vous dire que je m'intéresse aux mathématiques comme à la taxidermie : parce que je trouve cela aussi malsain que fascinant.
J'ai donc décidé de vous présenter une autre forme de bêtes à poils, le mathematicus excentricus. Espècerare, au pelage discret (ou pas), mais au mœurs ô combien étranges derrière un air de ne pas y toucher.
Appelez-moi Grisha
Saint-Pétersbourg, station de métro Kouptchino. Inutile d'ouvrir votre Guide du Routard, il n'y a rien à voir dans le coin. C'est pourtant dans ce quartier construit sur d'anciens marais asséchés que vit un des plus grands mathématiciens de notre époque, terré dans un minuscule appartement qu'il partage avec sa môman.
Grigori voulait être musicien. Il a étudié les mathématiques et s'est retrouvé très tôt sur les bancs de l'université. Genre "qu'est-ce qu'on s'emmerde à Lenningrad (ouais, on est en 1987, Saint-Pé n'existait pas encore) quand on a 16 ans, tiens si je rentrais à l'université histoire de passer le temps, au moins là il fait chaud". De fil en aiguille, le petit Grisha compris que les nombres étaient ses meilleurs amis et, en 2002, il publia ceci. Vous n'y comprendrez sans doute rien voire pas grand chose. Et c'est normal. Ces 39 pages sont la résolution de la Conjecture de Poincaré, un des "7 problèmes du Prix du Millénaire". Il s'agit des problèmes mathématiques jugés les plus insolubles par le Clay Institute. Et si vous en résolvez un, vous gagnez 1 million de dollars. Rien que ça. Bon, maintenant, il n'en reste que 6, donc dépêchez vous. A vos calculettes.
Et bien, le million en question, Grisha s'en foutait un peu comme de sa seule chemise.Oui, il n'en a qu'une ou presque, comme ça son dressing tient dans une valise en carton. (Tiens, à propos de valise en carton, il faudra que je vous présente quelqu'un d'autre). Il a donc refusé ses dollars, ainsi que la médaille Fields (équivalent du Nobel en mathématiques). Et, depuis lors, il s'est retiré dans sa maison-grotte et n'en sort que pour acheter des abricots secs, du lait fermenté et du pain noir (comme ça vous savez tout). Et les maths? fini.
Pourquoi ai-je mis tant d'années pour résoudre la conjecture de Poincaré? J'ai appris à détecter les vides. Avec mes collègues nous étudions les mécanismes visant à combler les vides sociaux et économiques. Les vides sont partout. On peut les détecter et cela donne beaucoup de possibilités... Je sais comment diriger l'Univers. Dites-moi alors, à quoi bon courir après un million de dollars? (interview publiée par le quotidien Komsomolskaïa Pravda).
C'est vrai que vu comme ça...
La conjecture de Poincaré
En quelques mots. Juste pour que vous puissiez faire les malins après.
D'abord une conjecture (à ne pas confondre avec "conjoncture actuelle" qui est d'ailleurs un pléonasme), c'est un truc qu'on ne sait pas prouver, mais on se dit tellement que ça doit être vrai, que du coup on considère que c'est vrai. Mais c'est quand même pas prouvé. Et c'est là que ça coince, parce que du coup une conjecture, c'est un peu comme dieu, si vous voyez ce que je veux dire. Et ça, ça fait un excellent sujet pour troller. Et un matheux qui trolle, c'est vicieux, surtout quand il est en montée de caféine. Conclusion, faut se dépêcher de les résoudre avant que tout cela ne dégénère en point Godwin.
Alors la conjecture de Poincaré (à ne pas écrire "Point carré" sinon sa mère va vous faire des yeux de pélican), en plus, elle a l'air tout con comme ça. Mais on se prend le chou avec depuis plus de 100 ans. Mais ça parle de quoi? Si je voulais la résumer genre Igor et Grishka, je vous dirais que en gros, ça explique pourquoi, dans les mangas japonais, les ballons de foot peuvent ressembler à des ballons de rugby quand on les lance très très très fort. Par contre, ils ne peuvent JAMAIS ressembler à des donuts. Pourquoi? Parce que dans les donuts, y a un trou au milieu. Voilà. Si si, je vous assure. (pour ceux qui veulent une explication genre Jamy, allez voir ici).
Et pour ceux qui parlent en langue, ça se traduit comme ceci : "Soit une variété compacte V simplement connexe, à 3 dimensions, sans bord. Alors V est homéomorphe à une hypersphère de dimension 3". Comme ça vous savez.
Un mini-calamar géant trône sur mon bureau, juste en dessous de mon trophée-tête-de-cerf -diy et à côté de la carte postale "lovely (bol)locks" de Mademoiselle Catherine.
Décor planté.
Tout ça pour dire que je suis fascinée par les trucs à tentacules (et ne me demandez pas si c'est sexuel : est-ce que je vous demande si vous envoyez vos slips à des quarantenaires japonais?). D'abord.
Octopus Chair. Maximo Riera
Donc, l'espagnol Maximo Riera, brave garçon, fabrique des trucs avec des tentacules. Entre autres. Et on peut s'asseoir dedans (pour regarder son hentai favori). Confortablement. En plus. Et, franchement, avouez que ça a quand-même plus de gueule qu'un Fatboy® . Alors, c'est clair que ça coûte un pont : 35000 £ sur Firebox. Puis bon, il n'y a que 20 exemplaires (qu'est-ce que vous attendez pour me l'offrir les gars?). La pieuvre a été sculptée dans de la mousse et peinte à la main, probablement avec beaucoup d'amour dedans.
Non mais attendez, VOUS AVEZ VU LA GUEULE DE CE FAUTEUIL ? Mieux qu'un trône, une nouvelle manière de s'asseoir. On l'entend presque glisser.
Ceci dit, cela prend de la place et, à moins de virer votre piano à queue, ça va être costaud pour caser ça dans votre 45m2 IKEA.
Par contre. Un lustre peut être du plus bel effet (ceux-ci sont vraiment très kitch). Ou au pire, achetez un crochet et trois. bouts de laine, et fabriquez-en un vous même. Je vous donne même la marche à suivre. Vous verrez, ça revient vite ces trucs-là. Et si vous êtes désespérés après 5 tentatives, rabattez-vous sur un bout de gâteau.
Alors, juste avant de partir. Il est clair que Mister R. n'est pas le seul à faire dans le mariage meuble/animal.
Par exemple, Miss Pokeno (aka Alannah Currie, la nana du groupe Thompson Twins -c'était les années 80, vous pouvez oublier maintenant) fait, elle, dans le champêtre en incrustant des renards dans le dossier de ses fauteuils. C'est moins grandiose, mais ça tient plus chaud. Idéal au coin de la cheminée, avec des grosses chaussettes, et une pelote de laine et un crochet (oui oui, j'insiste, vous verrez, vous ne pourrez plus vous arrêter).
A côté de ce fauteuil, elle a également ligoté un cygne dans l’accoudoir d'une sorte de chaise longue (ouais, je ne connais pas le nom de ce truc-là). Version shibari.Vous voyez, on y revient toujours. Voilà une tite photo.
Encore une fois, deux artistes qui collent bien ensemble.
David Mach
Fait des sculptures de têtes d'humains en têtes d'allumettes. Et parfois y fout le feu, sinon c'est pas drôle.
D'ailleurs beaucoup de ses autres installations sont temporaires, et juste construites pour un lieu, comme ses carcasses de voitures noyées dans des tonnes de papier jour.
Aime aussi les pneus, les cintres et les cabines téléphoniques rouges. Puis les trains et les sous-marins.
Après vous avoir laissés avec Howie, son polo rose et sa soporifique leçon de danse classique, j'ai eu envie de quelque chose de plus * punchy*, tout en restant dans la même recherche d'élégance au service de la forme et de la santé (t'as vu le slogan?).
J'ai donc fouillé mon stock de vidéos pour m'inviter avec les Dallas Cowboys Cheerleaders.
Yeah man, des pom-pom girls, des vraies, qui couinent en agitant les bras pour encourager des footballeurs : toutes en jambes, en fesses, bottes blanches et gloss à paillette. En fait, c'est un peu comme si on vous donnait du Frizzy Pazzy comme dessert après un cucumber sandwich. En un clin d’œil, vous vous retrouvez dans un monde merveilleux peuplé de petits lutins plein de trucs kibrille.
Alors, faut pas croire, les demoiselles ne sortent pas de n'importe où (et surtout pas de là, ou alors dans tes rêves -dieu ce qu'elle est vulgaire cette petite quand elle s'y met). Trémoussant de la cuisse dès les années 70, elles font hurler les supporters des Dallas Cowboys (équipe de football américain, franchise de la National Football League, vous vous en foutez, moi aussi, je préfère le rugby) depuis leur première intervention.D'ailleurs, elle sont tellement célèbres que Mattel en a fait une version barbie. C'est dire.
Tiens, à ce propos:
Cheerleaders sometimes get unfairly stereotyped as ditzy blondes. Barbie sometimes gets stereotyped as a ditzy blonde. Now we get two popular stereotypes blended into one.
Mais assez divergé, venons en au fait : un pompon ça fait quand-même moins mal dans la tronche qu'un bâton de majorette.
Shake shake shake
Ok, j'aurais pu me procurer le super costume de cheerleader (j'ai d'ailleurs déjà de superbes bottes blanches depuis une soirée d'anniversaire 70s). Mais franchement, le bleu électrique jure un peu avec mes boucles rousses, il faut avouer (oui, je sais c'est assez piètre comme excuse). Donc non : short + débardeur et on appuie sur PLAY.
Et c'est là que la torture commence. Pas physiquement. Sur ce plan, ça ne casse pas trois pattes à une poule.
Mais psychologiquement, vous allez devoir résister à l'accent infâme et nasillard de Brittany (qui est aussi danseuse sur des croisières Disney si j'en crois sa fiche technique). Heureusement, la demoiselle est rapidement relayée par ses petites copines. Forcément, au bout d'un quart d'heure elles sont un peu à bout de souffle et on du mal à parler. Puis, une chorégraphie de trois minutes, c'est difficile à retenir (bon, là je fais juste ma mauvaise langue, POUR LE PLAISIR).
Bref :
LES AVANTAGES :
- vous avez de la chair fraiche plein les mirettes pendant 90 min
- la chorégraphie est du niveau du cours de psychomotricité du gamin de la voisine
- le gloss too much que vous avez acheté lors des dernières soldes peut enfin servir à quelque chose
- vous avez l'impression que votre accent frenchie a quand même un peu de classe finalement
LES INCONVENIENTS :
- vous allez devoir danser sans musique si vous ne voulez pas vous farcir des "come on girl" "yeah" "move your body" toutes les 5 secondes
- prévoir une séance chez l'ophtalmo en cas de surexposition
- et, grosse déception, on ne vous apprend même pas à manier le pompon (non, cette phrase n'a rien d'ambigu). Ca vaut bien la peine.
Il m'arrive, lors de mes vagabondages virtuels, de tomber sur des artistes dont les réalisations s'entrecroisent admirablement. Je ne sais pas trop pourquoi. Parfois juste un détail qui appelle l'autre.
Tableau du jour : où l'on parle d'animaux morts (tiens donc) et d'extrême lenteur (ben oui) sur un fond arc-en-ciel (on ne se refait pas).
Le japonais Iori Tomita a probablement voulu troquer son poisson rouge de quand-il-était-petit avec un poisson-football. Mais son papa lui a dit que ça n'était pas possible parce que ces poissons habitaient très très profond dans la mer et que là, il n'aurait pas pied (bête excuse, soit dit en passant). Donc quand il est devenu grand et qu'il a pu faire ce qu'il voulait, il a pris des poissons des abysses (parce que quand même un poisson-vipère ça roxxe) et a voulu faire ressortir leur côté disco (hein? Abba?). Pour cela, il leur enleva les écailles, et plongea les créatures dans un bain qui rend le cartilage bleu. (Une souris verteuuuuuuuh, etc, etc.) Tomita utilisa ensuite une enzyme digestive appelé trypsine, ainsi qu’une foule d’autres produits chimiques très très fun qui décomposent les protéines et les muscles (scrunch scrunch scrunch). Jusqu'au moment où ils deviennent transparents. Les os sont ensuite colorées et la créature est conservée dans un bocal de la glycérine (applaudissements). Bon, pour en arriver là, faut quand même être un peu patient (entre 5 mois et 1 an pour tout le processus), mais avouez que ça s'accorderait admirablement avec votre lampe à lave.
NB : si quelqu'un va/est au Japon et veut m'en ramener un, je lui en serai particulièrement reconnaissant (entre 2000 et 20000 yens, c'est plutôt donné).L'artiste n'a pas encore trouvé de moyen de transport adéquat pour les vendre hors Japon.Vous pouvez les trouver au Tokyu Hands, sorte de Harrods japonais au vu de leur slogan.
Le coréen Lee Yong-Baek, lui, a probablement été élevé par une belle bande de hippies. Pour son anniversaire, il avait demandé des GI Joes. Ce fut un non catégorique. Enfin, catégorique version hippie : "Tu vois Lee (hors de question de l'appeler "fils", cela instaure une relation de pouvoir qui risque de dénaturer son moi profond), nous refusons de t'exposer à un incitant de haine et de destruction envers tes semblables. Ton karma doit rester pur, etc etc, te recentrer sur ton toi-même et manger du tofu" (argument inutile, soit dit en passant). Quant il est devenu grand (enfin moyen grand parce qu'il est coréen), Lee écouta du Culture Club importé de ses parents hippies (Karma karma karma karma, karma chameeeeeleeeeeeeeon...), eut une illumination et devint artiste. Il camoufla ses soldats avec du pot pourri et invita ses parents qui n'y virent que du feu (ooooh, une fleur, deux fleurs, des millions de fleurs, oooooh c'est beauuuuu). Puis, le 7e jour, Lee anima le tout et vit que c'était bon (non mais elle l'a fumé son pot pourri la p'tite).
PS: la rédaction s'excuse auprès des artistes, il se peut que leur biographie ait été un peu écornée.
Je suis une danseuse à temps partiel. Cela ne veut pas dire grand chose, je l'avoue, si ce n'est qu'à certains moments je m'entraine bien trop peu. Conséquence : mon grand écart se fout de la gueule de mes abdos, et inversément. Donc, lorsqu'un contrat arrive, je me mets à flipper grave-t'imagines-pas-à-quel-point et me mets donc en quête du meilleur moyen pour retrouver un body potablement fonctionnel.
Internet étant une source inépuisable de "comment trouver une solution tout en s'amusant", j'ai décidé de tester pour vous les pires vidéos de "je fais de la gym à la maison en collant lycra et avec le sourire".
Donc aujourd'hui, nous commencerons avec les bases, histoire de se remettre dans le bain en révisant nos fondamentaux. Sortez donc vos tutus (un kilt convient très bien pour la gente masculine), voici :
Ballet Class for Beginners with David Howard
Alors qui est David Howard?
Ce brave homme provient de la Perfide Albion, comme son teint et la couleur de ses cheveux en témoignent. Il a aussi un gout certain pour les polos rose pastel, mais ça n'est pas sa faute, il coachait les stars new-yorkaises du ballet classique dans les années 80. Son accent est juste génial quand il utilise des termes français (oui, la danse classique ne s'enseigne qu'en français messieurs-dames, question de standing). Quant à son écriture (on s'en fout, je suis d'accord), elle ressemble à ça. Voilà pour les présentations.
La leçon
J'ai poussé le vice en ressortant mon vieil académique rose pour l'occasion et en attachant ma crinière dans un semblant de chignon, histoire de bien se mettre dans le mood. Quand je vous disais que j'étais motivée.
Alors on peut dire que ça commence plutôt cool. Une gentille jeune demoiselle nous montre comment se tenir toute droite, en rentrant bien le ventre et les fesses pour ne rien laisser dépasser mais respirer quand même sinon on tombe avant la fin de la leçon et ça n'aura servit à rien (sauf à faire marrer les voisins qui vous matent par la fenêtre).
Après ça, viennent les 5 positions de bras et de jambes, et même les 5 positions de tête (genre je regarde en haut/en bas/ à gauche/à droite plus la position penchée sur le côté avec vos yeux les plus cute). Puis les demi-pliés et grands-pliés à la barre, accompagnés de leurs délicieux "pow de bwaaah" (comprenez "port de bras", avec un furieux accent british).
Alors là, le deal est donc moins d'exécuter les mouvements que de ne pas s'endormir sur la musique et le ton de voix soporifique d'Howard.
Puis faut avouer que pour ceux qui n'ont jamais fait de danse classique, tourner les jambes "en dehors" et maintenir son équilibre peut relever du défi. Persévérez, et dites-vous que vous aurez l'air aussi mignons que ça :
Alors voici quand-même un extrait vidéo, histoire de vous exercer aussi (et je vous aurai prévenu pour le polo rose).
Mon avis (en toute mauvaise foi) :
Les plus:
- vous pouvez vous prendre pour Natalie Portman dans Black Swan, les pieds en sang et la névrose en moins.
- ça dure 34 minutes (générique compris). Facile donc à intercaler entre la messe du dimanche et l'apéro qui suit.
- à défaut de faire de vous un danseur, vous aurez révisé vos traductions anglais/français.
Les moins :
- au final, vous aurez dépensé 3 calories et demi et emmêlé vos jambes une cinquantaine de fois
- la honte, c'est pour les faibles. Mais redites ça en tutu rose.
- la danse classique, c'est quand même un peu chiant, vieillot, et puis ça fait mal. Et avec tout ça on devrait afficher une mine ravie et détendue de petit papillon fraichement sorti du cocon. ZOMBIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIE!
(bref, je me demande encore pourquoi cette technique me fascine tant)
Peu de temps après, autre expo à deux pas de ma maison grotte-mirador.
Un lion sur mon drap de lit
L'expo se déroule cette fois dans la galerie d'art/salle de vente/magasin de meubles-et-déco d'un hôtel particulier. La mise en scène est parfois un peu jetée (les animaux sont posés ça et là entre deux fauteuils, avec pour principale étiquette leur prix). Mais le décor est flamboyant et les éclairages très biens pensés. On se perd avec plaisir dans le dédale des pièces, à la recherche des animaux.
"Oh, regarde, un lion sur le couvre-lit à 3750 €! Oui, et là,viens, y a un crocodile entre les chaises de jardin! Et le bébé rhino, t'as vu le bébé rhino? Steuplait, on prend le même à la maison?"
Bref.
L'auteur de ces merveilles est Jean-Pierre Gérard (que j'avais déjà évoqué ici). Issu d'une tradition familiale de près de 140 ans au service de la taxidermie, ce monsieur fourni une vingtaine de musées d’histoire naturelle en Europe, mais aussi de célèbres collectionneurs étrangers comme l’Emir du Qatar. Ici, il nous présente des ours, girafes, oiseaux, ou encore des hippopotames, zèbres et autres girafes recréés au moyen des plus récentes techniques. Pour les grosses, pièces, plus question de rembourrage en paille. Une sculpture en mousse de polyuréthane est réalisée, puis habillée de la peau de la bête. Le résultat est parfois saisissant en matière de dynamisme et de précision de la pose. Nous sommes donc loin des renards difformes et poussiéreux des vieilles vitrines de sciences naturelles (que j'affectionne tout autant ceci dit - d'ailleurs, petit hommage ému à un des plus vieux requin empaillé : ici).
I haz a taxidermia monomania.
C'est clair.Ça ne se soigne pas. Enfin pas très bien. Mais cela s'entretient.
Un an (quasi) après mon premier post sur le thème, je fais donc le point sur le sujet. En effet, il y a peu, grâce au conseil éclairé d'un ami, j'ai eu la chance de découvrir les collections fabuleuses de Pierre-Yves Renkin, taxidermiste de nos vertes contrées. Et comme les bonnes trouvailles ne viennent jamais seules et que mes amis sont particulièrement bienveillants en ce qui concerne mes monomanies, j'ai eu droit à une deuxième promenade aux trésors juste à deux doigts de chez moi.
*is so fucking happy she could shit rainbows*
*petits bonds de joie et sourire béat*
Collection d'un taxidermiste
Décor n°1: le petit musée communal de Woluwe-St-Lambert. Quatre pièces en cabinet d'amateur, peuplées par les collections du sieur Renkin (et certaines de ses réalisations personnelles).
A l'entrée, à côté d'un rhino sculpté et d'un profil d'éléphant, un documentaire tourne en boucle et nous met dans le mood : "Esther Forever" (réalisé par Richard Olivier) ou le portrait d'une septuagénaire vivant avec sa sœur et ses chiens empaillés. Tout un programme, et un sacré personnage, aussi dure et fragile qu'un hamster lyophilisé.
La pièce suivante nous présente une série de sculptures et dessins anatomiques, dont un magnifique escargot d'environ 1m de long, en plâtre, avec son intérieur exposé au grand air (pour montrer aux petits nenfants de l'ancien temps comment sont faites ces bêtes-là, sans devoir les triturer du scalpel parce que ça fait des taches). Puis la même chose avec des humains, des araignées, des yeux (n'oubliez pas de faire la liaison - ndgm*), etc.
*ndgm : note de Grammar Nazi, qui passait par là et voulais faire son chieurmalin
ce n'est pas celui-là mais ça y ressemblait
Après ces explorations anatomiques, place aux fleurs, oiseaux et autres champignons. Là, je tombe en admiration devant un pare-feu composé d'une sorte d'arbre (genre arbre généalogique) sur lequel sont placés des oiseaux-mouches empaillés (ça fait quoi, 3 ou 4cm ces machins-là, et donc remplis avec un demi brin de paille en gros, je ne vous dit pas le travail de précision). Le tout est donc placé entre deux vitres et posé devant le feu ouvert. Ça vous rejoue L'Oiseau de Feu en direct tous les soirs et ça tient chaud en prime. Non, sincèrement, un pur chef-d'œuvre, un travail d'orfèvre. Une autre version était même animée et sonore (elle est visible sur la vidéo).
Dans la dernière pièce, d'autres surprises nous attendaient. Des crânes sculptés, des reconstitutions de systèmes nerveux en papier mâché (je veux faire la même chose en dentelle - ndlr), le squelette d'un oiseau-éléphant, un bébé singe momifié (il semblait encore vivant), etc. Et puis les grenouilles... parfait exemple de taxidermie anthropomorphe. Dans une vitrine une vingtaine de grenouilles sont présentes : accoudées au bar, jouant au billard, tapant la carte ou buvant un verre... L'ensemble est ancien (époque victorienne si mes souvenirs sont bons) mais magnifiquement restoré. Les pauses sont dynamiques et l'ambiance est vraiment bien rendue. Pour peu on sentirait la bière et la cigarette.
le dodo d'Alice (ill. J. Tenniel)
Tous ces éléments font partie de la collection personnelles de Pierre-Yves Renkin. Mais une des pièces maitresse de l'exposition est sa reconstitution du dodo de l'île Maurice. Il aura fallu de la patience et une quantité impressionnante de recherches, pour rendre au mieux ce qu'a dû être cette sorte de pigeon géant aujourd'hui disparu.
Avec cette exposition, Pierre-Yves Renkin m'a emmenée dans un monde étrange digne de l'Imaginarium du Docteur Parnassus. Ce mélange de curiosité, de bizarre et d'anecdotique, d'histoire fabuleuse et d'objets improbables continue à me subjuguer, c'est certain.
Parfois, l'écriture d'un article trop ambitieux peut vous foutre l'envie d'écrire à zéro. Ça a été mon cas ces derniers mois. J'ai reporté encore et encore la suite et fin du dernier opus, avec comme conséquence la mise de côté du blog tout entier.
Cela doit cesser, qu'on se le dise! Faisant donc fi de mes promesses de vous parler de la littérature cyber/steam/stone/diesel/post-nano/etc-punk, je retourne à mon clavier pour de nouvelles aventures. (Où ça un poney?)
Ceci dit, vu que j'ai quand même des scrupules à laisser un article non-abouti, je conseille à ceux qui désireraient approfondir le sujet pré-cité de le wikipédier en anglais, ils auront de la lecture (et t'es fière? ben quoi, c'est vrai!).
Sinon, en passant, un petit hommage. Parmi les personnes qui m'ont décidée à me foutre un coup de pied au cul remettre à la tâche, il y a, dans le désordre :
- Mademoiselle Catherine (qui continue envers et contre tout son Magnifique Blog),
- Castor et Pollux (qui l'a laissé aussi laissé un peu de côté mais pour des raisons valables, elle),
- Nain Wok (♥NDLA) (qui gagnerait à reprendre le sien - non je ne fais pas un appel du pied - bon je me rends compte qu'en fait c'est fait et que je ne le savais pas- sorry Hon),
- l'internaute mystère qui, d'après mes statistiques, est arrivé sur mon blog en tapant sur google (je cite) "air d'accordéon balai goude ouverture jo d'albertville" (vous pouvez vérifier, si si , le premier résultat c'est mon blog!),
- les quelques potes que ces articles font rire/sourire/froncer les sourcils/perdre un quart-d'heure précieux, etc.
Tout ça donc pour dire merci et attendez encore un jour ou deux (allez, trois max), j'arrive, j'arrive.
Ça y est, c'est l'hiver. Nos petons se teintent en bleu, et nos fesses aussi, à force de glissades incontrôlées. Il est donc temps de réagir et de remplacer Docs et escarpins par des chaussures plus adaptées. Mais que mettre?
Petit florilège en direct from teh Interweb :
Les chaussures à clous (ma première piste) se retrouvent depuis les temps anciens et partout dans le monde. Celles-ci, utilisées par les fakirs hindous en pélerinage ont malheureusement les clous du mauvais côté. De plus, elles craignent un peu côté chaleur. Definitely NOT good.
photo by Erwin Olaf
Je reste donc sur mon idée et trouve cette paire de sandales de Geisha SM. Elles ont les clous dans le bon sens cette fois. Et si on regarde bien, il s'agit même de vis, ce qui permet une adhérence encore meilleure. ONE POINT. Mais bon, question look, c'est quand même un peu trop roots.
Chain Shoes by Tove Jansson and Per Emanuelsson
Autre piste, faire comme avec les pneus des voitures : mettre des chaines. Cela donne ça :
by Lisa Carney (http://lisacarneydesign.com/about)
Autre possibilité, la version glisse. Quitte à jouer les pinguins sur la banquise, autant le faire avec élégance. Et vous pourrez en prime les réutiliser pour vos vacances aux Caraïbes.
Née avec les années punk, j'ai principalement porté la crête étant gamine. Décor : une salle de bain, un canard en plastique (masqué par mes soins au marqueur à alcool), des spikes façonnées au Dop' Pomme verte, et j'étais parée pour une suite de batailles mémorables contre mon gant de toilette, carnivore de surcroit. Bref...
Tout ça pour vous dire que je comptais vous parler punk. Mais ne vous attendez pas à une rétrospective "Inrock' style". Ne vous attendez pas non plus à ce que je vous parle musique, d'ailleurs. Car Punk is Everywhere (voilà pour le fond sonore)... et c'est donc dans le monde littéraire et ses dérivés que je vais fouiner pour vous à la recherche du petit punk perdu (pauvre petit punk qui a perdu sa maman) - je divague, je divague-. Bon, titre :
Cyberwhat?
Parce que les punks, ça crie, c'est sale, ça a des pantalons tout troués, du métal plein la figure et des épingles à nourrice qui piquent. Chacun sait ça. Eh bien non ma bonne dame! Pas forcément.
Je m'explique.
Un jour, une série d'écrivains de science-fiction pas forcément juvéniles ont décidé de faire évoluer leurs anti-héros marginaux dans un monde de super-technologie dominé par un système aux relents totalitaires (waw, t'as vu la phrase?, c'est presqu'aussi bien que du Eco). Et vu que le style littéraire changeait plutôt des space operas de l'époque (ah oui, on est au début des années 80), les critiques (surtout un; il s'appelle Dozois, même) ont regroupé ça sous la charmante appellation de cyberpunk. Pourquoi? Parce que c'était plus crade que Star Treck mais aussi technologique que StarWars. En gros. Puis surtout parce que bon, quand même "cyberpunk" ça le fait!
Future is now!
Ces histoires se déroulent donc le plus souvent au fin fond d'un paysage urbain incrusté de technologie de pointe et baigné dans une sorte de marécage post-nano-électronique recyclé (rejoignant en cela le "do-it-yourself" punk , d'ailleurs, en passant). On est donc assez loin des extraterrestres vengeurs ou des invasions spatiales. Ici, le futur n'est plus une projection. On y entre de plein front, sans pincette ni explications. Ça pue donc le néologisme à toutes les lignes et il faudra vous y faire. Comment, vous ne savez pas ce qu'est le "loglo" (alors cliquez ici), ni un "exo en polycarbone" (ici) ? Eh bien dans cet univers, tout le monde sait ça, donc on ne va pas prendre le temps de vous donner le mode d'emploi. Normal. Donc cher lecteur de cyberpunk, assimile-toi vite ou va lire du Oui Oui! En gros. Le héros vit bien comme ça, on ne va pas te privilégier parce que tu as payé 6euros pour lire ses aventures. Quand-même.
Résultat : un sentiment d'étrangeté et d'immersion à l'arrache. Un peu comme les premiers instants où l'on se retrouve tout seul dans une foule au milieu d'une ville à l'autre bout de la planète, mais en plus hard. Alors on aime ou on n'aime pas. Moi, j'aime ça me plait (je précise maintenant)!
Et en guise d'envoi, comme le dit Bruce Sterling :
“Anything that can be done to a rat can be done to a human being. And we can do most anything to rats. This is a hard thing to think about, but it’s the truth. It won’t go away because we cover our eyes. That is cyberpunk.”
(dans le prochain post- dont la date de parution est encore largement indéterminée- nous verrons que les auteurs et lecteurs ont tellement kiffé le genre qu'ils ont décidé de le décliner à toutes les sauces - même wazabi? Ca, faut que je vérifie...)
J'aime les listes. Point. Ça me fascine, me rassure, m'emmène, m'emporte, m'hypnotise, me ... ( arg, forcément)
Mademoiselle Catherine aime aussi les listes (visiblement). Et notamment les listes d'automne (et celles d'été, et d'hiver, et.de livres, et de butin de soldes, et de joueurs de foot et... arg encore!)
Donc, consternée de voir mon blog si soigneusement délaissé depuis la mi-aout, je me suis remise au clavier afin de répondre à Mademoiselle Catherine qui se demande ce que nous on a prévu pour nos prochaines semaines automnales.
Alors, dans le désordre et de manière non-exhaustive : - un duo danseuse contemporaine/danseur de hip-hop à créer - un spectacle à danser la nuit sous les ponts en octobre - London, me voici (Bruxelles aussi d'ailleurs, promis) - une pile de livres commencés à terminer (dont "Les Bienveillantes" - et rien que pour celui-là, il y a du boulot! Catherine, tu me comprends je pense) - une formation en Production Théâtrale prometteuse d'adrénaline - des brols en masse à descendre dans ma cave - des concerts à savourer - des brelans de Dames à partager - un Valet de cœur à aimer - entretenir mon anglais (non, je n'envoie pas de pension alimentaire à Fink, ni à ... bon vous avez compris) - améliorer ma technique à l'épée chinoise - préparer du thé dans une jolie théière - s'envoler dans des discussions sans fin sur les effets du paradigme scientifique - se promener au bord de l'eau dans le vent - boire un petit verre de cognac (ou deux, de préférence devant un feu de bois) - faire du popcorn (done)
hmm c'est déjà pas mal!
Et pour poursuivre cette aventure en [mode tiret demi-cadratin], je vous propose de vous perdre dans les méandres savoureux d'un site entièrement dédié aux listes : ECHOLALISTE.
Cela fait des années que vous avez adopté la mode chemise froissée et relégué votre fer à repasser au fond de votre penderie? Qu'à cela ne tienne! Cet ustensile d'un autre âge a bien des ressources inexploitées et peut (enfin) vous être réellement utile. En effet. Qui n'a pas trouvé Johnny Depp "so cute" en tablier à fleur dans "Benny and Joon" (pas vous? ça ne fait rien, c'est juste pour introduire le sujet et faire un peu genre j'ai vu des films), mais avez-vous déjà tenté, comme lui, le croque-monsieur au fer à repasser? hein?
Eh bien moi non plus, mais d'autres l'ont fait pour nous! Et, d'après l'expérience de certains internautes, la recette est à modifier légèrement pour s'assurer un doré homogène et une croustillance agréable. Voici donc la recette en images rien que pour vous: ici
Mais ça va plus loin, vous pouvez encore maximiser votre gain de temps. Enfin, du moins, si vous possédez un lave-vaisselle (ce qui n'est pas mon cas, je fais la vaisselle avec mes petites mains). En effet, le mode de cuisson révolutionnaire que je vais vous présenter s'occupe à la fois de votre vaisselle sale et de la cuisson de votre repas du soir. C'est pas beau ça? C'est encore mieux que le Cuit Vapeur Gourmet de Télé Achat!
Mais quel est donc le secret de ce mode de cuisson révolutionnaire? Le voilà :
Ajoutons seulement que d'autres gentils cuisinier, à l'âme plus écologique, cuisent leur saumon dans un lave-vaisselle rempli, avec savon et tout le bazar! (si c'est fermé bien hermétiquement, ça marche, sinon vous vous lavez les dents en même temps, ce qui commence à faire beaucoup de choses à la fois, vous en conviendrez).
Tant que je suis dans une passe "Bienvenue au pays du Soleil Levant", et étant donné mon activité de danseuse à temps partiel (cf l'intermède précédent), je ne pouvais pas passer à côté du phénomène Butô, ou butoh (comme vous voulez). Parce que si si (non! on se tait svp...) j'ai même réussi à trouver un lien avec ma thématique initiale : la langue française. Vous verrez ça en temps voulu. Bon ok, je vous l'accorde, c'est un peu tiré par les cheveux. Mais les gars de Sankai Juku n'en ont pas et donc ne m'en voudront pas. Donc j'assume le côté prétexte et entre dans le vif.
Au départ...
Donc au départ, les japonais avaient le kabuki (suivez un peu les gars!). Mais le kabuki c'est quand même très très ancien et du coup assez figé au niveau thématique. Et entre temps, il y a eu Hiroshima. Et Hiroshima, c'était pas de la roupie de sansonnet, comme tout le monde le sait. (là, j'aurais pu par contre vous faire une petite parenthèse sur l'origine de l'expression "roupie de sansonnet", qui n'a de rapport ni avec le fric d'un indien ou d'un indonésien, ni avec un volatile quelconque, comme tout le monde ne le sait pas, mais c'est très bien expliqué ici).
Hiroshima donc. Les codes du théâtre et de la danse traditionnels ne suffisaient pas à rendre compte de ce type d'horreur et de ses conséquences. Et il y avait un besoin pressant d'une nouvelle identité artistique et culturelle. Besoin de se positionner par rapport au passé, mais aussi par rapport au présent et à la forte occidentalisation du Japon. Le terreau était donc cuit.
Alors, tadaaaaaam, il y a eu un gars, dans les années 50, Tatsumi Hijikata il s'appelait. Il aurait bien pu être le futur père d'un adolescent chanteur de Visual Kei parce que sa bibliothèque était pleine de livres d'auteurs français. Et pas des moindres : Jean Genet, le Marquis de Sade, Antonin Artaud, Lautréamont... pas de la petite bière quoi (voilà voilà voilà...le lien thématique, c'est fait. Quant à l'origine de l'expression sus-évoquée, tant qu'on y est, c'est là). En plus, il avait fait des stages avec des danseurs occidentaux et s'en était retrouvé tout retourné. Alors, un beau matin devant son thé fumant, il a décidé de dénoncer la décadence des valeurs ancestrales et la supercherie des modernités (pour les références, zavez qu'à googler). Et vu que dans ce domaine il y avait de la matière, et comme son truc c'était la danse, et bien il a commencé par là pour foutre un peu le bordel. Normal.
Pour tout vous dire, au départ, le terme butoh était utilisé pour parler des danses importées de l'occident comme le fox-trot, le ballet ou encore le tango. Du coup, Hijikata, qui voulait indiquer que sa danse n'avait rien à voir avec ce qui se faisait à l'époque au Japon, a utilisé le terme "butoh" pour ses trucs à lui. Mais en même temps, ce qu'il faisait était qd même vraiment plus dark que le fox-trot. Donc il a rajouté "ankoku" qui signifie "extrêmement sombre". Comme ça on était prévenu et il n'y avait pas de raison d'appeler le service après-vente.
Et il avait bien fait, parce que les thèmes qu'ils proposaient étaient quand même tout ce qui était inmontrable en public à l'époque : sexe, mort, maladie, ... Mais bon, vu que l'impensable s'était réalisé, il fallait marquer un grand coup et montrer aux gens qu'ils ne vivaient pas dans un monde peuplé de petits lutins. C'est comme ça qu'est né Kinjiki, en 1959 : performance sans musique (excepté un air d'accordéon au début et à la fin), sans décor, et traitant des thèmes de l'homosexualité et de la pédophilie, avec un poulet étouffé par les cuisses d'un des danseurs et des tas d'autres trucs du même acabit. Considéré comme iconoclaste, il fut banni de la All Japan Modern Dance Association et considéré comme un "danseur dangereux" (sic).
Mais il n'en resta pas là. Et avec un pote à lui, Katzuo Ono, ils allaient construire les bases de ce qui allait devenir un nouveau langage chorégraphique au Japon, and all over the world. (Katzuo Ono, c'est le gars qui se fend la gueule sur la photo ici à côté).
Génération buto
Alors à quoi ça ressemble au final, cette "danse des ténèbres"?
Tatsumi Hijikata s’inspira des gestes quotidiens des paysans dans les rizières, des femmes âgées ou encore des prostituées, mais aussi d’une de ses sœurs handicapée pour façonner le corps du Butô : pieds en-dedans, bassin près du sol, visages grimaçants, yeux révulsés, corps recroquevillés. (réf.)
Vous imaginez des gars (la plupart du temps) et des nanas (de plus en plus quand même) tout peints en blancs, les cheveux rasés (enfin pas pour les filles, parce que aaaah les cheveux des filles... enfin demandez à Toto, il vous expliquera mieux que moi), et avec presque pas de costume. C'est pas tout le temps comme ça, mais souvent quand même... c'est ce qu'on appelle une tendance. Leurs performances consiste à gigoter comme des épileptiques fatigués en faisant grimacer tout leur corps, jusqu'aux doigts de pieds. On dirait en quelque sorte de grands bébés qu'on aurait plongés vivant dans des bocaux de formol, puis filmés dans leur lente agonie par asphyxie avec une caméra 120 images/seconde (arrêtez de ricaner svp, ça va attirer l'attention des voisins). Ou pour les cinéphiles courageux, c'est du Enter the Void, avec les couleurs qui flashent en moins (là c'est surtout une private joke).
(parenthèse) Bon, après ça, on va encore me dire que je descends tous les sujets que j'évoque. Ce qui est faux! Ceux qui me connaissent savent que je ne vanne que les gens que j'aime. Et donc si je prends la peine de traiter un sujet, c'est qu'il me tient à cœur au minimum, voir me fascine au plus haut point (fin de la parenthèse)
Donc, le butoh, ça n'est pas fait pour vous changer les idées au milieu d'une semaine cafardeuse, pour cela, y a Dr Who par exemple. Ca fait grincer les dents, c'est ironique voire caustique, dérangeant, rugueux, monstrueux ou grotesque. Un peu comme si on avait taxidermé les oiseaux du lac des cygnes. If you know what I mean.
Petite tournée des grands ducs :
Tout d'abord, Carlotta Ikeda. C'est un peu la grande sœur du genre. Une de ses particularité est d'avoir créé une compagnie composée entièrement de femmes (ce qui n'est pas courant dans le butô, contrairement à la plupart des styles en danse) : Ariadone. Dans la vidéo qui suit, elle est encore dans le "pure style".
Par la suite, elle prendra des libertés et ajoutera légèreté et humour à ses compositions, avec une dimension visuelle plus ludique. Plus que la critique de la danse traditionnelle orientale et occidentale, c'est leur essence qu'elle va tenter d'atteindre en les interrogeant.
« elle est capable de se métamorphoser en une figurine de cire, en marbre, en terre, en insecte, démon, sorcière, chien, bébé, cadavre. Son sourire est le sourire d'un fantôme, d'une vieille femme, d'une poupée, d'une pierre, d'une jeune fille, d'un vent ; la solitude d'une âme lorsque toutes les créatures se sont tues devant le mystère de l'existence, le tremblement du néant de celui pour qui le sourire est la seule résistance possible » (Hijikata - en fait là il ne parlait pas de Carlotta, mais ça s'applique bien à elle aussi, alors...)
Autre Compagnie super connue, Sankai Juku. Comparé au côté dépouillé et brut des "puristes", leur scénographie et le travail sur la lumière sont particulièrement travaillés, ce qui donne un côté plus fantastique à leurs spectacles. Toujours superbes, leurs chorégraphies sont de la pure poésie en mouvement :
Ils ont vraiment contribué à la propagation du butoh, en le rendant moins abrupt et par là plus digeste pour un public non-averti. De nombreuses créations se sont d'ailleurs calquées sur leur esthétique.
Par exemple, 0.618, la première Cie de butoh mexicaine (extrait de Huesos Rotos ici).
Mais bon...
Alors c'est vrai que parfois, mes bornes ont des limites. Et je me demande si ce que j'ai devant les yeux ne tient pas avant tout de la simple reproduction de procédé pour le plaisir de vouloir choquer. Et le fait est que ça ne choque même plus. C'est juste gonflant. Le butoh n'est pas une danse codifiée comme le ballet classique ou les danses de salon. Justement.
Parce que bon, ce qu'on oublie, c'est que dans les années 20, Mary Wigmann faisait déjà ça finalement :
et là je laisse la conclusion à Marc Maurice :
Pour moi la danse est un art de vivre. Sans danse, je ne vis pas. Sans vie, je ne danse pas. Je me suis très vite rendu compte que la danse contemporaine avait de gros problèmes. Il a fallu faire un coup de balai. Je vous rappelle que ça fait 600 ans que l'on danse en rythme sur des mélodies. Alors j'ai dit zut! (Marc Maurice Bejard, à propos de son spectacle Arythmie)
Donc, les japonais sont des experts en hybridation improbables, et ça ne s'arrête pas aux devantures des magasins et au choix des ingrédients pour leur ramen de midi. Parce que, l'air de rien, les nippons font également de la musique à leurs heures perdues. Et des heures perdues, ils n'en ont pas beaucoup, alors il s'agit de les remplir avec panache. Et ils font fort, encore une fois.
Kabuki rock
Au commencement, les japonais avaient le kabuki. Mais ça ne leur a pas suffit.
Alors, petite parenthèse pour ceux qui n'ont pas envie de lire tout l'article wiki. Le kabuki est une forme traditionnelle de théâtre japonais qui accorde une place très importante aux costumes, maquillages ainsi qu'à un jeu scénique à la fois spectaculaire et extrêmement codifié. Les acteurs sont presqu'exclusivement masculins même pour les rôles féminins, interprétés avec une androgynie souvent déconcertante. Les représentations peuvent durer une journée. Ce qui pourrait nous sembler un peu long(à côté de ça "Enter the Void" de Gaspar Noé, c'est de la roupie de sansonnet). Mais pour eux, ça va . Voilà. En gros.
Donc le kabuki, c'est bien, mais c'est pour les vieux. Alors dans les années 80, une série de petits délinquants juvéniles qui venaient d'user leurs oreilles sur des tubes de Kiss ont décidé de faire plein de bruit en en foutant plein les mirettes des spectateurs. Du kabouki pour les djeuns en quelque sorte. Parce que se déguiser, c'est gai même quand on n'a plus 8 ans. Et que se la péter à donf devant plein de monde, ça défoule. Et se défouler, ils en ont bien besoin.
Ça a donné ça.
Sur le coup, ils ne se sont pas foulé pour le nom du groupe. Mais ils avaient déjà passé tellement de temps à encoller leurs crêtes qu'on pouvait bien les excuser. Dix ans plus tard, alors qu'ils s'appellent désormais les "X Japan", un journaliste crée un nouveau sous-genre au J-rock à partir de leur slogan "Psychedelic violence crime of visual shock" : ainsi est né le Visual Kei.
Et en tant que produit jap', le Visual Kei ne déroge pas à la règle : y a du mélange improbable sous roche. Tout en restant autour de la sphère rock, le Visual Kei se ballade ostensiblement entre glam, pop, métal, punk, hardcore voire hip hop. Leur point commun est l'accent porté sur l'identité visuelle du groupe, poussée à l'extrême. Fringues, maquillages et jeu de scène déploient des trésors d'extravagance et partent explorer les univers les plus divers. En veux-tu plein les yeux? En voilà. Et même pas peur : la peur c'est pour les faibles.
Ok, c'est bien beau, mais et le français dans tout ça? Il arrive, il arrive.
En effet, on ne sait pas trop pourquoi, des tas de groupes japonais ont décrété que le français donnait un air savoureux à leur musique. Peut-être à cause du pain.